Une suite digne de son aînée, portée par une romance shakespearienne.
Sorti directement en vidéo en 1998, Le Roi Lion 2 : L'Honneur de la Tribu a souvent la réputation d'être l'une des "suites Disney" les plus respectables. Loin du niveau de son illustre prédécesseur de 1994, ce film réussit pourtant le pari de ne pas trahir l'esprit de l'original, en proposant une histoire mature et une bande originale solide.
Les plaines d’Afrique baignaient dans une lumière dorée. Depuis que Simba était monté sur le trône des Terres de l’Aube, la paix régnait. Les herbes hautes dansaient sous le vent chaud, et les animaux vivaient en harmonie... du moins en apparence.
Car Simba n’avait pas oublié. Chaque soir, en regardant les étoiles, il revoyait le visage tordu de Scar, son oncle. La trahison, la mort de Mufasa, l’exil... tout cela avait laissé une cicatrice invisible mais profonde. Et même si les lionnes chantaient désormais « L’Amour Brille Sous les Étoiles », une ombre persistait : les Fidèles de Scar. LE ROI LION 2- FRENCH
Bannis après la chute des hyènes, ces lions rebelles vivaient au-delà des terres stériles, dans un cimetière d’arbres morts nommé le Territoire du Nord. Leur chef n’était ni un général, ni un stratège. C’était une lionne au pelage sombre comme la roche volcanique, aux yeux couleur de miel brûlé : Zira.
Zira n’avait jamais accepté la défaite. Pour elle, Scar était un martyr, un visionnaire incompris. Et elle avait voué sa vie à une seule mission : venger son roi défunt. À ses côtés, deux de ses petits la secondaient : Nuka, l’aîné maigre et jaloux, avide de reconnaissance, et Vitani, la cadette, au regard perçant et aux muscles d’acier.
Mais Zira avait un atout secret. Un fils plus jeune, né le soir même de la mort de Scar. Un lionceau au pelage clair comme les rayons de la lune, avec une crinière naissante d’un rouge profond. Elle l’avait nommé Kovu — la « tache » en swahili, car il portait en lui le stigmate de la vengeance. Une suite digne de son aînée, portée par
« Un jour, Kovu, » lui murmurait Zira chaque nuit, « tu accompliras ce que Scar n’a pu achever. Tu t’infiltreras dans la fierté de Simba. Tu gagneras sa confiance. Et puis... tu le tueras. »
Souvent reléguée au rang de "direct-to-video sans ambition", Le Roi Lion 2 possède pourtant des thèmes que le premier film n’a osé qu’effleurer.
1. La critique du préjugé et de la haine héritée Simba répète l’erreur de son père Mufasa : il rejette les "étrangers" sans distinction. Le film montre comment la peur fabrique des ennemis. En français, la réplique de Simba "J’ai juré de ne plus jamais faire confiance à leurs descendants" résonne comme une tragédie politique. Les plaines d’Afrique baignaient dans une lumière dorée
2. Kovu, héros romantique tragique Contrairement à Simba (fuite, insouciance), Kovu est un personnage déchiré. Il a été élevé pour tuer le roi, mais choisit l’amour. La voix de Damien Ferrette le rend aussi fragile que dangereux.
3. La rédemption sans mort du méchant Zira meurt à la fin (elle se laisse tomber dans les rapides), mais contrairement à Scar, sa mort n’est pas une victoire joyeuse. C’est un constat tragique de l’entêtement dans la haine. La version française amplifie ce pathos.